Cannabis thérapeutique : à Clermont-Ferrand, les premiers résultats de l’expérimentation – Interview pour France 3 Auvergne

Retrouvez mon interview sur le cannabis thérapeutique pour France 3 Auvergne dans laquelle j’ai rappelé l’importance des enjeux de la légalisation pour les patients et toute une filière agricole qui est en attente. L’expérimentation a débuté en mars dernier avec des produits d’import car il n’y a pas de filière française. Il faut réécrire le décret de 1990 qui permettra l’exploitation de le fleur de cannabis pour en extraire les substances CBD & THC pour servir l’expérimentation médical.

Ce décret est actuellement en cours de réécriture mais je suis pas en accord avec la tournure que prend ce décret. Il va permettre de mettre en place une filière thérapeutique mais il empêche la mise en place d’une filière bien-être, grâce au CBD. Economiquement, une filière uniquement thérapeutique pour l’expérimentation ne représente que de petits volumes. Il est compliqué de mettre une filière complète sur des volumes aussi faibles sur le long terme. C’était la volonté du président de la République de mettre en place une production notamment en Creuse pour généraliser l’expérimentation qui porte aujourd’hui sur 5 pathologies et qui sera être étendue d’ici la fin de l’année sur d’autres pathologies.

Le problème est que si on se contente du cannabis thérapeutique ces opportunités vont être très faibles. Les installations sont assez coûteuses, comme les serres, car il ne faut pas de pollinisation croisée. Nos agriculteurs sont prêts à produire !Il faut cultiver le cannabis bien-être pour fabriquer des huiles et des pommades à base de CBD. Ca serait une véritable opportunité économique !

Pour rappel, le CBD n’est pas considéré comme une drogue par l’OMS mais comme un complément alimentaire. La Cour de Justice de l’Union Européenne a confirmé que la législation française sur le cannabis n’était pas conforme au droit européen. Au niveau européen on a le droit d’exploiter la fleur à condition d’être à moins de 0,3 % de THC.
Mais aujourd’hui la France interdit l’exploitation de la fleur. Nous sommes dans une idéologie sécuritaire déconnectée de la réalité avec une pression du ministère de l’Intérieur qui pense que si on réécrit ce décret de façon trop souple, on fait la promotion du cannabis. C’est totalement FAUX et contraire aux arguments scientifiques.

Il y a pourtant de nombreuses opportunités à saisir dont la diversification pour nos territoires notamment pour nos zones du Massif central. D’un point de vue agronomique le chanvre est une plante qui n’a pas besoin de beaucoup d’eau, d’engrais et réduit les besoins en herbicide.

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