Sud Radio – Le Grand Débat sur l’autorisation des protéines animales transformées pour l’alimentation de porcs et de volailles

La Commission européenne autorise les protéines animales transformées et non des farines animales, et ce, uniquement pour les porcins et volailles, en aucun cas pour les ruminants ou herbivores. Invité sur Sud Radio j’ai tenu à rappeler l’importance de faire de la pédagogie sur ce sujet.

Nous avons bien vu l’impact de la consommation de farines animales données à des ruminants et à des herbivores. Cela a entraîné la crise de la vache folle qui a a été une catastrophe sanitaire et économique pour le monde de l’élevage. Le règlement en l’espèce concerne des protéines animales transformées qui proviennent de carcasses d’animaux sains, propres à la consommation en alimentation humaine. Bien différent des « farines animales » qui étaient issues d’animaux malades et de cadavres issus de l’équarrissage ! La France a décidé que ce débat méritait réflexion et souhaitait attendre un avis de l’ANSES. Par ailleurs, ces protéines seront uniquement destinées à l’alimentation des porcs et volailles avec des conditions sanitaires strictes.

Je considère que le timing n’est pas bon et que ce n’est pas une bonne décision car le grand public est déjà très sensible (et heureusement !) à la qualité des produits. La France, sous l’impulsion de Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation s’est d’ailleurs abstenue alors que tous les pays européens votaient pour. Il n’est pas utile de créer une nouvelle polémique. Il est déjà dur de faire de la pédagogie sur la viande ! Oui, il faut que l’on communique positivement: les herbivores ne mangeront pas de protéines animales. Il est important de rassurer là-dessus; nous ne jouerons pas avec la santé des animaux! Les agriculteurs produisent des produits de qualité.

D’immenses progrès ont été faits: nous avons réduit de 40% la consommation d’antibiotiques. Nous avons fait de grands progrès dans le bien-être animal. Oui il y a des comportements à condamner, mais ils sont marginaux et le plus souvent, le mal être animal est lié au mal-être de l’éleveur. Les normes pour les porcs et les volailles ont également évoluées en France et en Europe. Ce n’est pas le cas ailleurs dans le monde. Comme je le dis depuis toujours, la qualité doit primée et l’article 44 de la loi EGALIM dont j’ai été le rapporteur prévoit que les produits vendus en Europe répondent aux normes européennes. Il faut savoir que chaque fois qu’on pose une norme supplémentaire en France et en Europe on augmente les importations sans aucune norme car une grande partie des consommateurs encore aujourd’hui regarde d’abord et avant tour le prix.

Je me suis farouchement opposé au Mercosur mais nous avons besoin du libre échange. Même s’il n’y a pas d’accord de libre échange les échanges existent tout de même. Le fantasme d’un pays fermé sur lui même est une utopie même pas souhaitable pour l’agriculture française. La plupart des filières ont besoin d’exporter une partie de leurs productions ou de leurs produits transformés pour trouver un équilibre. Notre agriculture française a besoin d’exporter tout comme elle a besoin d’importer.

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