TRIBUNE : “Le RIP pour les animaux, cheval de Troie de revendications plus radicales”

C’est en ma qualité de député et d’éleveur que je m’exprime aujourd’hui sur la question du #RIPPourLesAnimaux pour m’ériger contre ses apparentes bonnes intentions qui ne sont, en réalité, que le Cheval de Troie de revendications plus radicales.
Nul doute que présenté comme tel, ce #RIP qui propose l’interdiction entre autres, l’abolition de l’élevage en cage, l’interdiction des élevages à fourrure et la fin de l’élevage intensif, n’emporte l’adhésion populaire.



Qui mais est derrière ce #RIP ? Hugo Clément, journaliste pro-végan qui a participé à Fort-Boyard qui abrite des tigres en captivité depuis des années et que j’ai invité, en vain en Creuse pour lui montrer les réalités du monde agricole ou X.Niel, qui finance des entreprises de viandes alternatives? Sans compter l’Association L214 qui érige l’étendard d’une lutte pour l’amélioration du bien être animal et la fin de l’élevage intensif alors que ses ambitions sont autres : mettre un terme à tout type d’élevage et arrêt pur et simple de l’utilisation des animaux !

Ces revendications abolitionnistes semblent oublier que les hommes se nourrissent d’animaux depuis des millénaires (et les animaux aussi, accessoirement, s’en nourrissent) et que c’est parce que nous cohabitons avec eux depuis, que nous avons fait évoluer nos pratiques. Qu’elles soient idéologiques ou purement business, les motivations des personnalités à l’origine de ce #RIP convergent vers la fin de l’élevage et vers le remplacement de nos produits d’excellence par des viandes crées en laboratoire. Mais interrogeons-nous : qu’adviendrait-il si nous mettons fin à l’#élevage ?


Laissez-moi évoquer certains points trop souvent oubliés ou négligés :
– chaque année, notre surface agricole diminue pour répondre à un besoin d’urbanisation grandissant : cette artificialisation des sols entraîne une érosion de la biodiversité.

– Une alimentation végétale est très consommatrice d’eau, sans oublier que et la consommation en eau/hab en milieu urbain est + importante qu’à la campagne! Mais pourquoi remettre en question le mode de vie de 50M d’habitants alors qu’on peut stigmatiser 400 000 agriculteurs ?

– Qu’en est-il des produits ultra-transformés et des propositions de viandes alternatives à la traçabilité et composition douteuses que veulent nous imposer les #vegans? Mon choix est fait : je préfère consommer de la viande locale aux normes d’hygiène extrêmement strictes qu’un amas d’ingrédients importés !

– Qu’adviendra-t-il de notre filière céréalière ? Rappelons que 30% de sa production est destinée à l’alimentation animale : la suppression de l’élevage reviendrait à l’amputer de 30% de ses débouchés!

– Qu’adviendra-t-il de nos paysages ? Nos prairies représentent 1/2 de la surface agricole fr et sont des acteurs majeurs de nos territoires et de biodiversité : alimentation pour animaux sauvages et d’élevage + d’excellents capteurs de carbone (570 kg/an sous 1ha de prairie!)

– La responsabilité n’est pas unique : pendant le confinement, entre le 16 mars et le 12 avril, les Français ont consommé 185 millions d’œufs de PLUS que l’an dernier à la même période. Comment fait-on alors ?

Je suis éleveur et j’ai été président d’abattoir : je n’ai pas attendu L214 pour le #BienEtreAnimal et pour savoir qu’il y avaient des dérives que nous condamnons. C’est pour cela que nous avons voté la mise en place expérimentale de caméras dans les abattoirs dans la loi #EGALIM

Nous ne pouvons pas réserver les plébiscités circuits-courts aux Français qui en ont les moyens et offrir Français plus modestes, des produits importés aux normes sanitaires et environnementales qui sont moins bonnes.
Ce que nous produisons pas, nous l’importerons ! Est-ce vraiment cette société à deux vitesses que nous voulons ? Ce n’est pas en stigmatisant l’#élevage que nous progresserons, ce n’est pas en prônant une idéologie moraliste que nous avancerons.

L’#agriculture se transforme, s’adapte, évolue : et bien plus vite que ses premiers détracteurs ne le pensent !